Le patrimoine Aubièrois


Les Ramaclés

Autrefois, les maisons, construites contre les remparts sur la face nord de la place des Ramacles, n’avaient aucun débouché sur la place.
Les propriétaires, vignerons de leur état, n’avaient d’autres ressources pour accéder à leurs propriétés et caves au sud du bourg, que de faire un détour par la rue de la Razette (aujourd’hui, rue Cote-Blatin) et la rue Voltaire.
Au début du xix siècle, à l’instar de Guillaume Bayle, plusieurs ponts furent construits sans autorisation municipale par les propriétaires par-dessus le bief du ruisseau, servant de lavoir, qui longeait les maisons.
A force de procédures, Guillaume Bayle et les autres propriétaires obtinrent en 1819 le droit de maintenir ces ponts, «à la charge de conserver les pierres des lavoirs pour le service public et d’en permettre et faciliter en tous temps l’usage par des abords commodes». Plus tard, on leur a donné le nom de «ramaclés».
Aujourd’hui, seuls quatre ramaclés subsistent.

 

La Porte du Rossignol

Enserrée au milieu de bâtiments modernes, cette ancienne porte qui commandait l’entrée dans l’enceinte du château féodal, en est le dernier vestige visible aujourd’hui.
Elle s’ouvrait à l’ouest du bourg sur des vergers et la garenne, le domaine de chasse du seigneur d’Aubière.
Son appellation de « Porte du Rossignol » est mentionnée dans l’état des lieux du château, du 19 septembre 1718, commandé par Guillaume André, acquéreur du fief d’Aubière.
Cette porte était l’une des trois portes de l’enceinte moyenâgeuse d’Aubière, avec la porte de la Quaire au nord et la porte des Ramacles au sud.

L’Artière

Ce ruisseau qui traverse d’ouest en est la commune d’Aubière, descend du puy de Chatrat près duquel il prend sa source.
Jusqu’au xx siècle, l’Artière a été la principale source d’approvisionnement en eau potable, hormis quelques puits privés et la fontaine des Ramacles.

L’Artière était sujette à des crues spectaculaires, suite à de violents orages. L’histoire retiendra notamment celles de 581, 1329 et 1764.
Aujourd’hui canalisée ou couverte dans sa traversée d’Aubière, l’Artière nous offre aussi en amont comme en aval des paysages bucoliques qui invitent à la promenade.

 

Le pont de Beneilh

Ce modeste pont moyenâgeux, enjambant l’Artière rue Saint-Verny, passe plutôt inaperçu aujourd’hui. Pourtant, il permettait le passage de l’Artière au chemin antique allant de Clermont-Ferrand à Issoire, en passant par le Mirondet et Prat.

 

 

Le menhir des Sauzes

Ce menhir, de la fin du Néolithique, est situé au terroir des Sauzes. En granit, ce mégalithe de 2,30 mètres de haut, abritait sous son ombre imposante le seigneur d’Aubière pour les assises de justice, tenues au moyen-âge.

 

 

La pierre piquée

Cette borne, située aux confins des communes d’Aubière et de Romagnat, était appelée autrefois la «borne Lérendole». Sur une de ses faces, un blason a été martelé à la Révolution. C’était vraisemblablement une pierre de dîme.

 

 

 

L’église

Entièrement reconstruite entre 1853 et 1855, l’église d’Aubière, dans un style néo-gothique, est remarqu

able par sa silhouette décapitée. Par trois fois, en effet, la flèche du clocher a été détruite. A l’intérieur, on peut admirer de magnifiques vitraux, récemment restaurés.

 

Le cimetière

La partie la plus ancienne du cimetière d’Aubière, ouvert depuis 1860 environ, présente un ensemble spectaculaire de caveaux et de chapelles en pierres de Volvic.
C’est, sans conteste, l’un des plus beaux aspects du patrimoine funéraire et architectural de la ville d’Aubière.

 

 

 

Le sarcophage

En mai 1991, la découverte de la nécropole du Mirondet a permis de mettre au jour 8 tombes mérovingiennes dont 7 sarcophages de pierre, datant des VI ou VII siècles.
Ces coffres funéraires sont en pierres poreuses, dite « des Farges », près de Saint-Nectaire.

 

 

La croix Saint-Antoine

Elle date de 1738. Construite à l’époque hors les murs, en pierre de Volvic, face à la porte de la Quaire, elle a été offerte, en l’honneur de leur saint patron Antoine, par Antoine Janon et son épouse Antonia Arnaud.
Sur le socle, on peut lire cette dédicace, traduite du latin: «Voici que par ce monument les étendards sacrés de la croix brillent aux frais d’Antoine Janon, premier consul et d’Antonia Arnaud, son épouse. 1738. »

 

 

L’auberge Janon

C’est l’Auberge « au pot renversé ». Elle a été tenue pendant plusieurs générations par les Janon

. Antoine Janon, donateur de la croix, en a été propriétaire. Il habitait dans la maison qui fait l’angle de la

rue Bérenger et de la rue du 4 Septembre. Laboureurs et vignerons, les Janon étaient aussi tailleurs d’habits durant l’hiver et aubergistes les jours de fêtes et de marché. On y vendait du vin au pot.

 

 

 

La Mairie

Ce bâtiment imposant qui est la Mairie, enferme sous un habillage du XXI siècle, une maison bourgeoise construite au XVIII siècle par la famille ANDRÉ.
Elle fut acquise par la Commune d’Aubière qui l’acheta en 1868 à la famille de Provenchères, petits-enfants de Pierre ANDRÉ d’Aubière, dernier seigneur du lieu.
Il abrita dès cette époque la mairie et l’école de garçons. L’ensemble des bâtiments subit peu de transformations jusqu’au début des années 1970. Depuis, plusieurs transformations et réaménagements lui ont donné l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui.

 

 

 

Le Site des Caves

On distingue deux sites principaux. Sur le coteau nord : les caves de « La Croix de l’Arbre » actuellement rue Pasteur, comptaient environ 200 caves. La partie est, à droite en montant au stadium Jean Pellez, a été achetée par l’État en 1968 et détruite pour réaliser le Complexe Universitaire des Cézeaux.

Sur le coteau sud : les « Petite Caves » comprennent les rues de Pérignat, Bacchus, la Biche, du Cerf, du Coq, du Grand Corridor et une partie de la rue du Paradis. Les « Grandes Caves » comprennent les rues de la Gaieté, des Grandes Caves, du Thieu, de l’Adèle et l’autre partie de la rue du Paradis. La totalité de ces caves représente environ 180 entrées pour quelques 900 caveaux. Ce site est unique en Europe pour sa superficie.
C’est à partir du cadastre de 1831 que l’on peut se faire une idée de l’implantation progressive du domaine des caves, bien que des textes plus anciens nous révèlent l’existence de caves dès la fin du 16 siècle.

Les caves ont été construites par étapes successives. Si une grande partie sont présentes sur le cadastre de 1831, d’autres ont été bâties dans les années 1854. La production de vin grandissante, un dernier programme de construction fut lancé en 1877, alors que le phylloxéra était déjà présent en Auvergne. Ce programme ne fut jamais terminé en raison des premiers déboires des vignerons.
La présence de caves sur les coteaux s’explique par le fait que la nappe phréatique à Aubière est proche. Donc, pas ou peu de caves dans le bourg. A Aubière, on monte aux caves.

 

Le Café Moderne

Le « Café Moderne » est l’un des plus anciens commerces existant encore sur la commune. Son ouverture date de 1925. Il est surtout connu à Aubière sous le nom de « Café Barbacane », son propriétaire.
Il a abrité de nombreuses manifestations aubiéroises et il est devenu le siège de plusieurs associations, notamment la Pédale Aubiéroise, l’association cycliste de la commune. Bon nombre de jeunes, aujourd’hui sexagénaires et plus, se sont retrouvés autour du comptoir et du babyfoot.
Auparavant, la maison appartenait à Guillaume Gioux, Aubiérois célèbre qui a écrit un « Traité de la viticulture dans le Puy de Dôme » en 1920. Il mourut à Aubière en 1921.

 

 

Les Maisons Vigneronnes

Beaucoup de maisons de la commune conservent l’aspect typique de l’habitat vigneron des villages des coteaux de la Limagne; un bâtiment en hauteur où chaque niveau a une fonctionnalité propre. Le rez-de-chaussée est occupé par le cuvage. On accède par un escalier extérieur à un deuxième niveau avec cuisine et salle à manger. Par un escalier intérieur on arrive au troisième étage (chambres) et au quatrième (grenier)
Avec la construction des derniers quartiers de caves sur les coteaux nord et sud du bourg, se dessinent de nouvelles habitations sur la périphérie d’Aubière. Les quartiers des Foisses et du Chambon notamment s’étendent.

Des demeures cossues vont voir le jour. Construites dans la 2 moitié du 19 siècle, elles reprennent un plan commun à de nombreuses habitations aubiéroises. Si le bâtiment principal a la même organisation, les proportions ne sont plus du tout les mêmes. La porte de cuvage est immense, le balcon avec rambarde en fer court souvent sur deux faces de la maison. Un grand mur et un large portail en fer forgé ferment la propriété, qui compte maintenant une cour fermée, une grange, une écurie et un puits. L’emploi de la pierre de Volvic reflète la richesse des vignerons qui en cette fin de siècle vendent facilement leur vin.

Les ceps de vigne qui poussent de chaque côté de la porte du cuvage ont été planté avant l’arrivée du phylloxéra. Le fait d’avoir les racines dans l’eau les ont préservées du terrible fléau.

 

 La viti-viniculture, une histoire ancestrale…


     Il paraît bien difficile de dater l’origine exacte de la vigne. Son âge précis fait l’objet de plusieurs hypothèses divergentes et certaines autres évoquent même la possible existence d’une viticulture antérieure à la conquête romaine.
Le premier texte connu évoquant le vignoble auvergnat est une lettre de Sidoine Apollinaire datant du V ème siècle. Dans celle-ci, l’évêque de Clermont décrit les coteaux de Limagne et ses pourtours, où s’est répandue la viticulture auvergnate pour atteindre son extension maximale dès le X ème siècle.

La bourgeoisie, qui avait acquis d’importantes propriétés au cours du XVI ème siècle, est à l’origine du développement de plusieurs vignobles, tels que ceux de Chanturgue et de Montjuzet. Puis, quelques décennies plus tard, les vins auvergnats sont consommés à la cour de Louis XIV.L’aménagement de l’Allier renforce le commerce sur Paris, le transport s’effectuant par voie fluviale sur des sapinières.

 

     XIX ème siècle : apogée du vignoble auvergnat !

     Les gamays ont remplacé les anciens cépages. A cette époque, la vigne est la seule culture rentable.
En 1850, l’arrivée du chemin de fer  dynamise le négoce du vin en Basse-Auvergne. 30 ans plus tard, le Puy-de-Dôme devient le 3 producteur français, mais cette prospérité est due à la destruction du vignoble méditerranéen par le phylloxéra. Dans le même temps, Aubière qualifiée de capitale du vignoble auvergnat, car l’on dénombre autant de vignerons que d’habitants.
La vigne occupe 500 hectares sur les 730 existants.
Puis à la fin du 19 siècle, le phylloxéra anéantit le vignoble local. Cependant, l’on va tenter de replanter en greffant les gamays sur des plans américains résistants au phylloxéra. Le vignoble auvergnat retrouve son essor au début du Xxème siècle, mais vers 1910 un autre fléau, le mildiou, s’acharne et ruine de nouveau la production.

Puis, éclate la première guerre mondiale. De ce fait, les hommes se rendent au combat, délaissant les vignes. Plus tard, s’installent les usines Michelin, dans lesquelles bon nombre d’Aubièrois vont partir travailler.

Vers 1960, il ne reste qu’une dizaine de vignerons à Aubière. De nos jours la Basse-Auvergne replante et modernise ses équipements en privilégiant une vendange de qualité, en vue d’une reconnaissance européenne.

N’oublions pas de rappeler que la cité d’Aubière possède, avec son « quartier des Caves », l’une des architectures les plus originales du passé viticole. L’on comptabilise 135 bâtiments constitués de plusieurs salles réparties entre différents propriétaires. Ce sont des constructions voûtées et recouvertes de terre, composées d’un conduit d’aération débouchant sur une cheminée maçonnée.

Environ 900 caves, regroupées en un même lieu et bien distinctes de l’habitat vigneron, ont pris une ampleur exceptionnelle entre le XVII et le XIXème siècle. La rue Pasteur, qui mène au complexe des Cézeaux, dévoile également bon nombre de ces caves.

 

Les caves et les maisons vigneronnes


Riche d’un site unique en France, Aubière est fière de pouvoir vous faire découvrir sa colline aux quelques 800 caves. Ces zones de caves spectaculaires sont très caractéristiques de la Basse-Auvergne. En effet, à Aubière on dit que ce sont des problèmes hydriques (présence de nappe phréatique à faible profondeur) qui expliquent la non-construction des caves sous les habitations.


Aujourd’hui, certaines de ces caves restent en activité et s’utilisent encore pour la conservation du vin ou l’affinage du fromage. Les promeneurs peuvent donc librement flâner entre la rue des Grandes Caves et la rue du Paradis. Tout en s’aventurant dans le vieux bourg de la commune, ils découvriront ainsi des maisons vigneronnes caractérisées par leur cuvage au rez-de-chaussée et l’habitation à l’étage, agrémenté d’un balcon couvert d’un auvent.

La maison du Phylloxéra

 

1890 / 1895  QUINQUENNAT DU PHYLLOXÉRA EN AUVERGNE
  
Au cours de cette période, notre vignoble fut décimé. Les vignerons endettés stoppèrent les travaux de leur habitat. C’est ainsi que bon nombre de maisons furent terminées intérieurement quelques décennies plus tard. Cela n’était pas visible de l’extérieur, mais nombreux étaient les plafonds sur lattes et cloisons en briques pleines, sans enduit de plâtre.

A Aubière, une seule bâtisse resta et restera inachevée. Peu d’autochtones la connaissent, malgré les milliers de piétons longeant les murs quotidiennement depuis plus d’un siècle.

Cette maison dite « du Phylloxéra » est située à l’angle des rues du Chambon et du Grand Corridor. Sa façade principale, normalement constituée avec fenêtres et volets sur la rue, se situe à l’arrière, au niveau du second étage en surplomb des toits, la partie grenier se trouve dans le vide. N’oublions pas de mentionner la vue très caractéristique que nous avons sur la façade latérale depuis le sommet de la rue Bergère. En vous positionnant sur la placette du Grand Corridor, vous découvrirez cette partie de mur nue. Cette construction inhabituelle mériterait d’être classée et signalée par une plaque.

Cette information importante, sortie des oubliettes aubiéroises, fut communiquée le 29 novembre 2003 par le « C.E.P. » (Cercle d’Exploration du Patrimoine), aux élus locaux, ainsi qu’aux nombreux amis venus honorer et fêter Gérard Bonhomme et sa dynamique équipe de l’A.S.C.A. (Association pour la Sauvegarde des Caves d’Aubière), qui sait redonner vie au site des caves si cher à nos cœurs.

LE CONSERVATOIRE DES CEPAGES:
Un espace en plein air présente les différents cépages plantés en Auvergne au fil du temps.
Les anciens, tel le Brumeau, l’Epinou, le Damas Noir, le Portugais Bleu, la Syrah, le Noah et bien d’autres côtoient les trois cépages autorisés dans les Côtes d’Auvergne ; le Chardonnay en blanc, le Pinot Noir et le Gamay en rouge. Des cépages luxembourgeois, Riesling, Auxerrois et Pinot gris offerts par notre ville jumelle, Grevenmacher complètent cette vigne.
Ce sont au total 21 cépages qui composent cette vigne conservatoire.